“LÂCHES, CYNIQUES ET/OU AVEUGLES ». Cet esprit de Munich qui affaiblit la démocratie face à une illusion d’efficacité écologique”

Entretien Atlantico. 5 juillet 2020. Pour lire sur le site : ici

Atlantico.fr : Les nouveaux maires EELV élus dans les grandes villes comme à Bordeaux et à Lyon ont déjà eu des prises de positions plutôt radicales au nom de la planète (vers une interdiction de la voiture à Bordeaux, suspension du projet de LGV entre Lyon et Turin) dans une indifférence quasi générale. Comment expliquer l’absence de réaction ?   

Yves Roucaute : Votre question appelle une réponse un peu longue, je le crains. Je n’ai pas écrit « L’homo creator face à une planète impitoyable », c’est-à-dire l’humanité face à une planète impitoyable, sous-titré « 7 millions d’années contre l’idolâtrie de la nature », sans raisons majeures. La défaite du camp du progrès face aux écologistes archaïques était prévisible et ce qui suit tout autant. Le refus de la voiture individuelle ou des lignes de chemin de fer qui permettraient pourtant de limiter la pollution ne sont que des épiphénomènes. Avec leur idolâtrie de la planète, leur volonté d’en finir avec l’individualisme prétendument « bourgeois » et leur refus de la croissance, nous avons affaire à une idéologie obscurantiste sans précédent qui séduit, faute d’opposants éclairés. 

Car, à l’exception de quelques-uns, le personnel politique républicain est dépourvu de charpente culturelle pour répondre aux ennemis du progrès. Comme la plupart des journalistes, il ne lit même plus. Et il n’est plus même capable de voir les signaux d’alerte pourtant clairement perceptibles dans une jeunesse déprimée par les écologistes, condamnée à la mauvaise conscience et « dégouttée » de l’avenir pour reprendre un mot du nouveau maire de Bordeaux qui s’en réjouit. 

La première réaction du nouveau maire de Lyon après les élections nous montre pourtant la signification de cette prétendue « rupture écologiste ». C’est une rupture avec le progrès et un terrible recul en arrière dans l’histoire de l’humanité. Il a proclamé en anglais « Make the Planet great again ». En anglais évidemment, car il doit penser que cela fait plus sérieux pour vendre des fantasmes. Ce qui peut se traduire par « faire la planète merveilleuse ou grande à nouveau ».

Pour ces prétendus écologistes emportés par une pensée magico-religieuse vieille de plusieurs centaines de milliers d’années, la planète est un être. Elle doit être protégée contre les méfaits de l’humanité qui la menace par ses interventions. Tout ce qui advient contre l’humanité, des intempéries aux changements climatiques serait de la faute des humains. On a même vu les nouveaux chamanes à petits pieds, les Nicolas Hulot et Yannick Jadot, prétendre que le covid-19 serait une vengeance d’une prétendue déesse Gaïa-La-Terre. A les en croire, virus, bactéries, cancers n’attaqueraient pas les humains si l’humanité n’attaquait pas eux-mêmes le prétendu écosystème. L’humanité serait responsable de ses malheurs. La planète la punirait. Les esprits de la forêt amazonienne se vengeraient (rire). Il faudrait pour retrouver l’harmonie perdue, une rupture écologique.

Le caractère païen invraisemblablement niais de ce que l’on ose appeler une pensée ne trouve pourtant pas de réponse. Face à cette défaite de la pensée, au lieu d’une bataille idéologique, on trouve une pensée défaite.  Le Président Macron lui-même n’a rien trouvé à redire. Plus encore, il admet lui aussi que l’humanité serait coupable de crime contre la planète, d’ « écocide ». Et il remercie de cet éclairage ces gens plein de bonne volonté, manipulés par des idéologues comme à la belle époque du stalinisme, qui ont pondu au nom d’une « convention citoyenne » abracadabrantesque, un rapport grotesque. Si j’en juge par la première sortie du nouveau Premier ministre qui reprend à son compte ce simulacre, je crains que celui-ci ne soit pas plus capable de résister aux appels des esprits de la forêt. (rires). Le pays des Lumières est-il devenu le pays des « gobe-mouches », comme disait l’auteur comique grec Aristophane qui se moquait, à Athènes, de ses compatriotes prêts à gober les propositions les plus ridicules des démagogues ?

De mon côté, je ne m’y résous pas. Les faits sont sans appel. Je le prouve dans mon livre : retrouver l‘harmonie perdue ? Il n’y en a jamais eu. Il n’y a jamais eu de prétendu « écocide » mais des holocaustes humains produits par la planète. Les humains apparaissent il y a 7 millions d’années environ. 4 millions d’années plus tard, ils ne sont que 100 000 survivants. Puis, de cette période d’il y a 3,2 millions d’années au début du néolithique, il y a 12 000 ans, il reste seulement 500 000 survivants. En 7 millions d’années 500 000 survivants seulement ! Les autres ? Tués par la fumeuse Gaïa-La-Planète-bienheureuse. Il ne reste rien des individus du type Shelanthropus apparu au Tchad, auquel appartenait Tournaï, le plus ancien de nos ancêtres connus, il y a 7 millions d’années. Rien des Orrorin Tugensensis du Kenya, d’il y a 5,9 millions d’années. Rien des Ardipithecus ramidus du Kenya et d’Éthiopie, d’il y a 5,8 millions d’années. Rien des Kenyanthropus tchadensis, ces « hommes à face plate » du Sahel tchadien, disparus il y a 3,5 millions d’années. Rien des Australopithèques, d’il y a 4,2 millions d’années. Rien des trois espèces de Paranthropes.  Et le genre Homo ? Il en existait 23 espèces, une seule a survécu, la nôtre. La gentille nature a détruit toutes les autres.

Et comment a survécu la nôtre ? En attaquant cette planète disharmonieuse mieux que les autres, en dominant, domestiquant, assujettissant, en créant des outils, des armes, des habitats. Un combat quasi biblique (rires) car dominer la planète et non la vénérer n’est-ce pas ce qu’aurait dit Dieu aux humains dans la Bible que vénèrent juifs, chrétiens et musulmans ? N’est-ce pas ce que disaient les Marx et les Jaurès dont les héritiers sont passés d’une ode à la créativité humaine à la génuflexion devant les mottes de terre ? Un combat que je raconte dans mon livre. Une Odyssée terrible pour enfin trouver une terre moins inhospitalière.

Il en fallait de la volonté de piller et transformer la nature pour survivre face aux tremblements de terre, aux éruptions volcaniques, aux tsunamis. Ainsi, de quoi a péri le célèbre Selam, mort il y a 3,3 millions d’année, un bébé de trois ans ? D’une inondation. Gaïa la planète trouvait sans doute avec Nicolas Hulot qu’il polluait l’atmosphère. Le pire ? Les glaciations. 17 en 2,3 millions d’années. Imaginez ce que pouvait être la vie humaine quand les glaces arrivaient. Quand Gaïa-la-Merveilleuse gelait le sol et détruisait des tribus humaines entières qui crevaient de froid et de faim. Les réchauffements étaient aussi nombreux, car les forces qui jouent sur le climat de la planète sont titanesques et ce n’est pas un aérosol qui empêche les explosions nucléaires du soleil, les changements de l’angle de l’orbite et de l’axe de rotation terrestre, les bouleversements de l’atmosphère elle-même qui n’a jamais réussi en 4,5 milliards d’années à équilibrer les effets de serre du dioxyde de carbone et du méthane, au point où le premier réchauffement monstrueux climatique eut lieu dès la naissance de la terre et où il y eut au moins trois épisodes de terre entièrement gelés.

Ces écologistes archaïques mentent et affabulent pour obtenir du pouvoir. Ainsi, ils croient que la disparition des éléments mous du corps, foi, intestins, cœur, cerveau, durant le paléolithique pouvaient permettre de faire croire aux gogos qu’avant la transformation de la planète, les maladies ne touchaient pas les humains. Ah, le bon vieux temps où l’on se régalait auprès des virus et des bactéries sympa.  Leur principe ?  « Pas vu, pas pris ».

Les faits. Les cancers existent depuis au moins 1,95 million d’années, comme le montrent le site de Malapa, en Afrique du sud ou celui de Swartkrans, daté de 1,7 million d’années, avec des cancers des os. Le nombre de cancers prouvés au paléolithique supérieur est important, le site de Lazaret montre même l’existence d’un cancer du cerveau.

Les virus et bactéries n’ont pas attendu l’industrialisation. Sur le site de Kocabas, un crane daté de 510 000 ans montre un individu atteint par la tuberculose. Or, la tuberculose, est une bactérie naturelle, Mycobacterium tuberculosis. Il existait des infections mycobactériennes non tuberculeuses, et le bacille de la lèpre, vieux de 20 millions d’années, a touché les humains dés le paléolithique moyen en Afrique de l’Est, et sans doute bien avant. L’ensemble des maladies produites par les tréponèmes, comme la syphilis ou la pinta, sont apparues il y a 1,5 millions d’années. La coqueluche (bacille Bordetella pertussis) ?  Il y a 2 millions d’années. Les humains sont infectés « naturellement » par leurs contacts avec les animaux porteurs, tel le virus T-lymphotropique qui peut causer la leucémie, présent dès le paléolithique en Afrique de l’Est.

Aurais-je la cruauté de rappeler que plus près de nous, la typhoïde, les cancers du foie, de la rate, de la prostate, la malaria, les maladies cardiovasculaires sévissaient en Égypte antique il y a 3500 ans, comme le prouvent les momies ? Ou bien pour ne pas fâcher nos cancres, devrais-je oublier les épidémies, comme la fameuse « peste antonine », en vérité une variole, avec 10 millions de morts sur 64 millions dans l’empire romain entre 165 et 190 après J.-C. ? Une vengeance de Gaïa qui aurait trouvé insupportable les deux roues tirées par des mulets pollueurs ?

lors pourquoi l’absence de réaction ? L’ignorance appuyée sur la démagogie. Ce qui conduit à l’incapacité de concevoir une vraie écologie, celle qui est fondée sur la défense de l’ « oikos », qui veut dire non pas « planète «  comme le croient ces écologistes qui sont aussi fâchés avec le grec, mais « maison ». Et chez les grecs la maison n’a jamais été un produit naturel mais une construction artificielle fabriquée à partir de matériaux arrachés à la nature, des bois, des peaux d’animaux, des os… pour se préserver de la nature, des intempéries aux animaux sauvages.

La vraie écologie est celle du progrès qui libère la créativité humaine pour qu’elle produise des artifices qui lui permettent de survivre et de mieux vivre.

2. Quels sont les dangers cette absence de réaction laisse-t-elle craindre pour notre démocratie, voire pour le pays ?

Yves Roucaute : Le défi est gigantesque et l’aveuglement des politiques préoccupant. Si on continue à laisser les écologistes archaïques imposer leur vision du monde, alors, faute de croissance pour financer les nouvelles technologies, la France est condamnée non seulement à ne pas trouver de solutions aux problèmes environnementaux et sociaux mais aussi à devenir une province arriérée des États-Unis, de la Chine, du Japon et de tous ces pays qui avancent dans le sens du progrès et qui, eux, se préparent à mettre en œuvre des solutions appropriées.

La dynamique de l’écologie positive c’est croissance, d’où financement des innovations, d’où solutions aux problèmes, d’où croissance qui permet plus d’innovations, d’où de nouvelles solutions… Une dynamique créatrice qui conduit, grâce aux brevets, à des emplois, grâce aux innovations, à un meilleur bien être général pour tous, une amélioration du corps humain avec la traque des maladies, y compris des 600 maladies génétiques offertes par Dame nature, et à des solutions environnementales durables. Avec, la cerise sur ce gâteau, une plus grande influence de la France.

La dynamique de l’écologie punitive c’est la décroissance, donc moins de moyens pour les technologies, donc moins d’emplois, donc moins de bien-être, donc plus de dépendance envers les pays innovants. Donc aussi plus de cerveaux français qui vont partir dans les pays où l’idolâtrie est limitée à quelques politiques et universitaires en mal de reconnaissance.

Un exemple : le fameux CO2. La solution des archaïques est de s’attaquer à la liberté individuelle de circuler en voiture, d’imposer le voiturage et le transport collectifs, de formater nos vies pour traquer et punir ceux qui dérogent à leurs milliers de règlements « écologistes ».

La solution de l’écologie que je défends, est de financer les nouvelles technologies, par exemple les nanotechnologies qui ont déjà permis d’inventer des solutions d’avenir. Et, au lieu d’attaquer la liberté et de tenter de vivre sur la mauvaise conscience produite, de financer la liberté de recherche.

Ainsi a-t-on découvert la feuille artificielle qui piège le cO2 à l’institut de nanotechnologie de Waterloo et à l’université d’Etat de Californie. Cette feuille artificielle imite les vraies feuilles avec ses particules d’oxyde de cuivre construites pour rejetter de l’oxygène et du méthanol. Mieux encorel’UFC de Floride a réussi à transformer le gaz à effet de serre en air pur et énergie en couvrant la paroi d’un piège à CO2 de LED imitant la longueur d’onde bleue du soleil, agissant comme un photo réacteur. Ils brisent la molécule de dioxyde de carbone. On a réussi à transformer le cO2 en éthanol par procédé catalytique avec des nanoparticules de cuivre dans des nano aiguilles de graphènes… et j‘en passe sur ces découvertes financées apr toujours plus de croissance, de la NASA qui fabrique du carburant à partir du CO2, de la lumière d soleil et d’oxyde métallique jusqu’à l’Institut Max Planck qui utilise des enzymes pour une nouvelle voie de fixation du carbone…Et j’en passe aussi sur les découvertes au MIT, avec une jonction des biotechnologies et des nanotechnologies, pour stimuler l’absorption d’énergie lumineuse des plantes grâce aux nanotubes en carbone. En France même nos créatifs, malheureusement contraints souvent de partir aux Usa faute de financements, ne sont pas de reste comme ceux de Jussieu du laboratoire moléculaire qui mériterait un soutien massif. 

Mais aller faire boire un âne qui n’a pas soif…Contre les vendeurs d’apocalypse, j’ai écrit l’an dernier Le Bel Avenir de l’Humanité pour éclairer sur les avancées prodigieuses des technologies, les biotechnologies, les nanotechnologies, de l’intelligence artificielle. Calmann-lévy a relancé pour moi la collection célèbre de Raymond Aron, la liberté de l’esprit, et à publier ce livre avec un ouvrage d’Hannah Arendt et un de Raymond Aron. J’y démontre pourquoi le progrès est la clef du développement social, de la justice sociale, de la libération des femmes. Mais rien n’a changé dans la politique gouvernementale. Sans doute aussi parce que j’ai démontré que l’étatisme n’avait pas d’avenir… 

Nous sommes trop souvent gouvernés par des borgnes dans une classe d’aveugles.

Doit-on s’attendre à de nouvelles mesures liberticides de la part des maires EELV ?

Yves Roucaute : Bien entendu. Leur idolâtrie les conduit logiquement à des mesures coercitives car ils développent une vision schizophrène du monde, retrouvant celle que je décris dans mon dernier livre s’agissant des populations du paléolithique et des dernières tribus nomades. 

Ils prétendent qu’en arrêtant la croissance et la domination de la nature, nous vivrons en harmonie avec la planète. Mais, évidemment, l’histoire des 7 millions d’années de vie de l’humanité comme celle des dernières populations nomades que j’ai étudiées démontrent que cela ne se peut pas. Quand bien même nous arrêterions par folie la recherche de la croissance, il y aura encore des tsunamis, des tremblements de terre, des tornades, des  petites et grandes glaciations, des réchauffements, des animaux féroces, des virus, des bactéries. Donc, il va falloir idolâtrer une planète qui va continuer à produire ses effets létaux. Et, à chaque fois que des malheurs vont arriver, il faudra se culpabiliser de ce qui arrive et punir les humains pour ce qui leur arrive.

Ainsi, le but de ces écologistes magico-religieux est, comme l’était celui des chamanes, d’imposer que l’on aime ce qui nous frappe, de nous contraindre à briser le miroir de nos œuvres en les maudissant, et, à l’horizon, de mettre en œuvre des sacrifices humains. Et comme nous sommes contraints, ne serait-ce que pour survivre, de développer les sciences et les techniques, ils sont conduits à toujours plus de punition, toujours plus de sacrifices. D’où, derrière leur apparente bonhomie, quasi stalinienne, leur haine féroce des riches, des bourgeois, des intellectuels, des scientifiques, des technologies, du progrès… 

Contre cette schizophrénie, le camp du progrès doit célébrer et favoriser la puissance créatrice des individus dans leurs œuvres, développer la fraternité par la diffusion universelle des bienfaits des innovations, et, au lieu de coasser « Green, green green, la planète d’abord, la planète d’accord », chanter l’air de la liberté qui est celle de la véritable écologie : « l’humanité d’abord, l’humanité d’accord ». 

Réchauffement : l’humanité pas coupable !

Extrait publié par « Atlantico » le 28 juin 2020. cliquer ici

Jamais la planète ne fut hospitalière pour l’humanité. Depuis le début du paléolithique, se succédèrent de longues périodes de glaciation et des périodes interglaciaires 23 . 17 périodes glaciaires durant ces dernières 2,6 millions d’années (début du Pléistocène). La dernière, dite de « Riss », a duré environ 100 000 ans, après une période interglaciaire de 20 000 ans. Elle s’est terminée, il y a environ 12 000 ans. Comment survivre durant ces longues périodes glaciaires et ces réchauffements dont jamais l’humanité ne fut responsable, avec leurs conséquences sur la faune et la flore ? Telle est la question pour l’humanité nomade et non comment remercier la planète de ses glaciers et de ses tempêtes ou comment la culpabiliser pour cette créativité qui lui a permis de survivre. 

Dès le paléolithique inférieur, ces violences de la planète expliquent le départ des populations nomades de l’Afrique de l’Est vers le nord, en particulier vers la péninsule arabique, l’Europe puis l’Asie du sud Est. Comme elles expliqueront, trois millions d’années plus tard, le départ d’Afrique de l’Est des différentes tribus du genre « Homo », d’abord vers l’Asie puis le détroit de Béring, retrouvant en chemin certains des descendants de ceux qui les avaient précédés, avant de cheminer sur ce continent américain du nord jusqu’au sud. 

En ce temps, quel écologiste aurait pu rapporter ces variations climatiques, ces catastrophes, ces menaces infinies à leurs industries ? Les réchauffements même ? Ces bouleversements devaient tout aux explosions nucléaires du soleil, à l’angle de l’orbite et de l’axe de rotation terrestre et aux déséquilibres de l’atmosphère elle-même. Car si cette « couverture chauffante »24 arrête les rayons naturels radioactifs gamma et X du soleil et laisse passer les rayons qui transportent la chaleur (les infrarouges invisibles), elle a toujours eu bien des difficultés à équilibrer les effets de serre du dioxyde de carbone et du méthane. Au point où le premier réchauffement monstrueux climatique eut lieu dès la naissance de la terre, il y a 4,5 milliards d’années ! 

Si la seule « sélection naturelle » s’était appliquée, la lignée humaine aurait disparu. Mais elle survécut en traçant des chemins improbables. Par quel miracle ? Face à cette planète marâtre, l’humain du paléolithique utilise son arme salvatrice : sa nature d’Homo creator. La nature humaine contre la nature environnante. 

Il migre vers des territoires inconnus, construit des habitats adaptés à ses nouvelles conditions de vie, multiplie et améliore ses outils, découvre le feu pour lutter contre le froid et cuire les aliments, fabrique des vêtements selon les températures, change de modes d’alimentation selon les végétations et la faune… Quand bien même il attribue ses œuvres à la volonté des esprits, il multiplie les innovations durant les 3,3 millions d’années. Et, finalement, au lieu de disparaître, cette frêle espèce survécut et colonisa la planète.

Achat du livre: ici

L’avis de Jean de Jalcreste

Donnant au camp du progrès un livre de chevet, le philosophe s’oppose à l’armada des Ayatollahs de l’écologie qui dépriment la jeunesse et menacent quiconque n’idolâtre pas la « Nature », la « Planète », la « Terre ». Virus, pollution, réchauffement ne sont pas une punition du Ciel ou d’une Gaïa-La-Terre. Il n’y a pas d’harmonie perdue pour cause d’industrialisation, de croissance ou de mondialisation. Et il faut s’enliser dans les marécages de l’histoire pour coasser, à la façon des Greta Thunberg et Nicolas Hulot, « Green, green green, la nature d’accord, la nature d’abord ».

Le philosophe Yves Roucaute rappelle les faits. Ces 7 millions d’années de combats de l’humanité nomade pour survivre aux holocaustes d’une nature impitoyable quand elle ne connaissait ni industrie, ni commerce, ni technologies, ni science. Oui, elle a dû affronter glaciations, 17 lors des seuls 2,6 derniers millions d’années, réchauffements inconnus des idolâtres, éruptions volcaniques, secousses sismiques, tempêtes, cyclones, tornades, tsunamis… Virus et bactéries, coqueluche, tuberculose, lèpre, syphilis… Cancers, maladies génétiques ; handicaps… attaques animales…

Le philosophe, qui est aussi un scientifique, nous raconte ainsi la plus fabuleuse des batailles, celle pour la survie contre la nature commencée par nos ancêtres et engagée pour des siècles et des siècles. Car toute l’histoire de l’humanité a été celle de la lutte pour dominer la nature, domestiquer la planète, assujettir tout ce qui s’y trouve.

Il donne la clef de ce qui a permis à l’humanité de survivre : sa créativité. Car c’est la créativité, et non l’intelligence, qui la distingue de tous les vivants. Ellei ne disposait ni de crocs, ni de griffes, ni de fourrure, ni de vitesse ni de force remarquables… ni d’aucun habitat naturel. Et bien des animaux étaient aussi rusés qu’elle. Mais cette énergie créatrice fut la cause de sa survie, de la fabrication des outils aux armes, des habitats aux rituels même quand ils étaient anthropophages et sacrificiels.  L’humanité est Homo creator.

Et c’est cette créativité à laquelle s’oppose depuis des millions d’années la pensée magico-religieuse, prête à sacrifier les humains aux esprits de la nature. Et c’est à cette créativité que les idolâtres d’aujourd’hui s’opposent comme ceux d’hier.

Par ce livre, le philosophe veut sauver l’humanité de la mauvaise conscience et du dégoût d’elle-même, les femmes en premier car elles ne seront jamais libres tant que règnera l’esprit magico-religieux du culte de la nature.  Il met l’individu et sa créativité libérée au centre, celle qui brise les idoles en chantant l’air de la liberté : « L’humanité, d’accord, l’humanité d’abord ».

Contre les idolâtres de la planète: Ecce Homo!

Article sur le blog du site de Regards Protestants: lien

Le temps est venu de dire que la créativité humaine pour l’asservissement total de la planète fut la raison de la survie et qu’elle le reste.

Abstract nature painting

Le temps est venu de dire la vérité : toute l’histoire de l’humanité, depuis 7 millions d’années jusqu’à nos jours, a été celle de la lutte pour dominer la nature, domestiquer la planète, assujettir tout ce qui s’y trouve. Pourtant, alors que l’humanité affronte encore un virus qui a emporté tant de vies, le vieux monde, un temps muet, entonne une litanie idolâtre qui désespère la jeunesse et culpabilise l’humanité. Depuis une « écologie profonde », qui a la profondeur des marécages de l’histoire, au nom de la « Nature », de la « Planète », de la « Terre », une armada de petits maîtres de Vérité menace même de ses foudres quiconque proclame son attachement au progrès, à la croissance et à la joie créatrice. Virus, pollution, réchauffement seraient une punition du Ciel ou d’une Gaïa-La-Terre. Nostalgiques d’une prétendue harmonie perdue pour cause d’industrialisation et de mondialisation, ils coassent, à la façon des Greta Thunberg « Green, green green, la nature d’accord, la nature d’abord ».

Le temps est venu pour le camp du progrès de rappeler les faits, de ramener l’humanité à plus de bon sens, d’abattre ces idolâtries qui entrainent les besoins spirituels de chacun dans des engrenages morbides. L’écologie ? Oui. Mais la vraie. Celle qui dit « L’humanité, d’accord, l’humanité d’abord ». C’est pourquoi j’ai pris la décision de publier mon prochain livre, « L’ Homo creator face à une nature impitoyable», dont le sous-titre est « 7 millions d’années contre l’idolâtrie de la nature »,

Par ce livre, je veux raconter de façon brève mais vraie la plus fabuleuse des batailles, celle qui s’est engagée il y a 7 millions d’années, au cœur de cette nature non domestiquée. Celle qui dure aujourd’hui encore. Une bataille grandiose et terrifiante.

Je veux montrer à cette jeunesse qui devrait porter l’avenir de l’humanité et non le maudire, comment, depuis son apparition, il y a 7 millions d’années, l’humanité a dû affronter les holocaustes d’une nature impitoyable. Le combat fut si violent et si inégal qu’au paléolithique, il y a 3,3 millions d’années, il ne reste déjà plus rien de la lignée humaine des hominines, née 4 millions d’années auparavant, hormis une poignée de survivants. À peine une centaine de milliers d’individus. Oui, 100 000 survivants seulement, après 4 millions d’années ! Des australopithèques pour la plupart. Les autres ? La sainte Planète qui ne pouvait être assujettie faute de progrès, les avait détruits.

Ensuite ? L’équilibre naturel est tout autant chimérique. Des glaciations en nombre, 17 lors des seuls 2,6 derniers millions d’années, et autant de réchauffements inconnus de nos idolâtres actuels, des éruptions volcaniques, secousses sismiques, tempêtes, cyclones, tornades, tsunamis… Des virus et bactéries, tout aussi naturels, vieux de plusieurs dizaines de millions d’années, de la coqueluche à la tuberculose, de la lèpre à la syphilis. Des cancers de toutes sortes, des os au cerveau, des maladies génétiques et des handicaps, des attaques animales…Car tout cela existait bien avant l’industrialisation contrairement aux fadaises rapportées par les idolâtres.

Résultat de cette vie dans la nature ? Des australopithèques, il ne reste rien, balayés par la planète. Auprès d’eux et après eux ? Vivent des espèces humaines du genre Paranthropes et Homo. Les fameux Paranthropes ? Trois espèces : toutes détruites. Quant au genre Homo ? Sur 22 espèces, 21 sont exterminées. Oui, une seule a survécu. La fameuse Gaïa-la-Terre bienveillante a éliminé les 21 autres de la carte planétaire. Et à quel prix ! 500 000 humains seulement sont parvenus au néolithique, il y a 12 000 ans Un gain de 400 000 individus en 3,3 millions d’années ! Et l’espèce est si meurtrie que seuls 12% peuvent espérer, et dans quel état ! dépasser 40 ans.

Pourquoi y-a-t-il encore de l’humain plutôt que rien sur cette planète qui fut si longtemps inhospitalière faute d’être domestiquée ? Telle est la question à laquelle je suis contraint de répondre dès aujourd’hui par ce livre. La seule question qui vaille puisque rien ne vaut sans l’humain. D’autant que cette clef d’hier est aussi celle des lendemains qui chantent la fin des holocaustes humains.

Le temps est venu de dire que la créativité humaine pour l’asservissement total de la planète fut la raison de la survie et qu’elle le reste. La créativité et non le prêche païen d’un prétendu « équilibre » avec la nature que nul n’a jamais rencontré, pas même les animaux dont les espèces ont disparu à 90% depuis 7 millions d’années, à 99,9% depuis 20 millions d’années. Coupables les humains qui n’existaient pas même encore ? Il est d’ailleurs toujours amusant de voir les idolâtres s’extasier devant des animaux sauvages qui démontrent une cruauté inouïe et tenter de culpabiliser des humains qui sont en passe, par les biotechnologies, d’abolir la souffrance animale jusqu’à produire de la nourriture synthétique au lieu de tuer des animaux d’élevage.

Pas un acte de ces nomades, cueilleurs, pêcheurs, chasseurs, charognards, pas même l’anthropophagie et le sacrifice, qui ne porte la marque de cette créativité face à la violence de la nature non dominée. Outils perfectibles, chasse et pêche avec des armes, habitats avec des bois arrachés des arbres, des os et des peaux prélevés des animaux… des migrations aux modes d’alimentation, des arts pariétaux et rupestres aux rituels, des sacrifices même à l’anthropophagie dont les guerres sont une forme… les humains créent, jusqu’aux esprits qu’ils imaginent régner sur terre. Ils sont Homo creator. C’était cela ou mourir dans le « green, green, green » des marécages.

Cette créativité formidable a permis de survivre malgré un corps humain sans fourrure, sans griffes, sans vitesse, sans ailes, sans carapace, sans habitat naturel… « sans » tellement de ces moyens qui permettent aux espèces animales de vivre en suivant leur instinct et leur capital biologique.

Le temps est venu de révéler que ce fut en même temps un combat sanglant de la créativité contre la pensée magico-religieuse qui idolâtrait les esprits de la nature jusqu’à justifier non seulement que soit arrêtée la domestication de la planète mais aussi, parfois, que soient organisés anthropophagies et sacrifices humains. Cette même vision sacrificielle du genre humain qui est aujourd’hui transportée par les idolâtres écologistes de nos Cités.

Qu’ils cessent donc ces idolâtres de vendre aux plus généreux mais aussi naïfs d’entre nous la prétendue harmonie de la vie dans la nature, jusqu’à fantasmer sur le mode de vie des dernières populations nomades ! Les nomades ont toujours eu plus de bon sens qu’on ne le croit mais, hélas, aussi, moins de sagesse spirituelle qu’il ne leur en faudrait pour sortir des ornières où ils sont. Je me souviens de mon second voyage auprès des indiens Yanomami du Haut Orénoque, au Venezuela, ces « fils de la lune », au cours de laquelle j’ai rencontré un Belge, qui se reconnaitra, et un groupe d’Australiens enthousiastes devant leur vie si proche de la nature. Bourrés d’antibiotiques, couverts de répulsif anti-moustiques, vêtus de tenue quasi-militaire, ils jacassaient tant et tant devant la maison commune que je m’amusais en me disant qu’ils avaient bien de la chance car ces nomades pratiquaient seulement l’anthropophagie avec les leurs, sinon, à mon avis, ils auraient pu être dégustés.

Dans leur monde animiste, qui ne diffère pas qualitativement de celui de nos ancêtres du paléolithique, les nomades n’imaginent pas une déesse « Gaïa-La-Planète » bienfaisante mais des esprits nombreux, bienveillants et, surtout, malveillants. Comment pourraient-ils d’ailleurs ignorer les maux qui les assaillent dus à la nature, des inondations aux éruptions volcaniques, des maladies aux attaques animales ? Comment pourraient-ils ne pas connaître faim et soif, froid et chaleur ? Et, quelle que soit ces populations, je montre que les tribus partent à l’assaut de la planète, car il le faut bien pour survivre, par leur chasse, leur pèche, leur cueillette… en jouant les esprits bons contre les esprits mauvais, en flattant les uns, en exorcisant les autres.

Mais, à cause de leur idolâtrie, ils culpabilisent de cet assaut pourtant nécessaire pour survivre, comme les écologistes archaïques voudraient que nous le fassions. Non seulement, ils s’imaginent responsables des dérèglements incessants de la planète, de la maladie virale comme de l’inondation, mais ils croient que chacune de leur action est la source d’un déséquilibre. Un pécheur se noie dans l’Amazone ? Ils y voient la preuve du mauvais comportement de la tribu punie par l’esprit vengeur du fleuve qui est aussi l’esprit du terrible anaconda. Ils tuent un léopard pour se nourrir ou ils arrachent une feuille du palmier pour construire une hutte ? L’esprit du léopard et celui du palmier réclament une contrepartie.

Ils imaginent qu’il leur faut compenser toute action humaine en rendant aux esprits de la nature l’équivalent de l’esprit pris par la chasse, la pèche, la cueillette, le charognage… Un troc quotidien. Prières, offrandes, danses, chants… et parfois sacrifices animaux et humains.

Et, pour ne pas périr, ils font des promesses, via leurs chamanes, celles de ne pas tuer tel esprit animal, de ne pas prendre tel végétal, d’en prendre moins, quitte à laisser mourir des humains.

Car le sacrifice humain est toujours à l’horizon, puisqu’il apparaît comme le principal trublion sur terre comme le claironnent nos idolâtres actuels. Sacrifice toujours présent à travers le sacrifice du bien-être humain au nom du bien-être des esprits de la nature. Mais aussi sacrifice réel, à la façon des Guayakis qui vont jusqu’à tuer des fillettes « en trop », qui exigeraient, si elles vivaient plus longtemps, une chasse, une pèche ou une cueillette plus intensive pour les nourrir, donc plus d’esprits pris à la nature.

Mais, à peine les rituels et les sacrifices effectués, la faim revient, la mortalité infantile, les violences de la terre, les glaciations, les réchauffements, les attaques animales… Ce qui réclame à nouveau de se faire pardonner de souffrir des atteintes de soi par la planète et de devoir repartir à son assaut pour survivre.

Cette vision magico-religieuse idolâtre depuis des millions d’années conduit ainsi de la détestation de soi à la schizophrénie : d’un côté, la condition humaine exige de continuer à agir pour survivre, de l’autre, la nature exige des sacrifices contre ces actions. D’un côté, il faut lutter contre les mauvais esprits de la nature, de l’autre adorer tous les esprits, même ceux qui détruisent la vie. Une absence de responsabilité totale, une culpabilité totale.

L’écologie idolâtre ? C’est la haine de soi de l’humanité. Alors, respecter la nature ? J’en conviens, et avec enthousiasme, si l’on évoque la nature humaine. Pour la planète ? Mon abonnement s’arrête là où commence l’intérêt de l’humanité. La nature, oui, mais humanisée.

Le temps est venu pour le camp du progrès de défendre la vraie « écologie » afin de sauver la jeunesse du dégoût d’elle-même et libérer toute l’humanité, les femmes en premier car les femmes ne seront jamais libres tant que règnera l’esprit magico-religieux du culte de la nature.

L’écologie véritable n’est pas issue d’un pseudo « contrat » avec la planète qu’un Arne Næss, un Michel Serres, un Nicolas Hulot  et quelques autres inquisiteurs aux petits pieds prétendent avoir trouvé dans des abris sous roche. « Éco-logie » vient de « oikos » (οἶκος) qui signifie « maison » en grec, et non « planète » ou « nature », n’en déplaise à ceux qui ont eu, avec sept millions d’années d’histoire, sinon avec la langue grecque, le plaisir de ne s’être jamais rencontrés.

La « maison » est, depuis le paléolithique non pas une autoproduction de la planète mais une construction produite par la créativité humaine à partir de bois, de pierres, de peaux, d’os… arrachés à la planète. Son objectif ? Protéger l’humanité contre la nature, des changements climatiques aux attaques animales. Au centre de la maison, non pas des mottes de terre ni quelques tarentules, mais l’humain, en particulier la femme car, avec le chamane, elle a transporté depuis plus de trois millions d’années la spiritualité créatrice des tribus.

La vraie écologie défend la créativité et les innovations pour l’humanisation de la planète. Humanisation par sa domestication et l’extirpation de l’énergie inépuisable qui s’y trouve sur le chemin ouvert par les nouvelles technologies, les nanotechnologies en particulier.

Elle la défend contre ceux qui, au sein de l’humanité même, détournent la créativité vers son contraire, la destruction. Destruction par les pollutions et les substances néfastes à la vie, les guerres injustes et les tyrannies.

Elle la défend contre ceux qui polluent la pensée au nom de la pollution et préfèrent la défaite de l’humanité à la planète défaite.

Je ne suis ici que l’héritier de tous ceux qui ont posé leur pierre pour que chacun devienne un jour apprenti, compagnon puis constructeur de sa propre cathédrale. J’y défends le camp du progrès qui passe par la domination de la nature et la construction de relations interhumaines efficaces qui libèrent la créativité. J’y expose une vérité qui ne heurte aucune croyance, à la condition qu’elle tienne pour illusoire tout dieu fouettard, pour absurde tout déterminisme global, pour illusoire toute idole et chante, à sa façon, l’air de l’Homo creator, celui qui rit de se voir si beau dans le miroir de ses œuvres.

Coloniser, dominer, assujettir ? N’est-ce pas ce que rapportent nombre de grandes spiritualités, au premier rang desquelles celles qui se réclament de la Bible et savent encore la lire ? Quand l’humanité parviendra-t-elle à comprendre le grand message d’amour qu’elle se doit à elle-même ? Et, pour cela, la nécessité de briser les idoles qui l’empêchent de poser son être dans l’Être ?

Si je vais publier ce premier volume, le courage n’y est pour rien. Au-delà du tintamarre des vendeurs de grigris je n’ai aucun doute sur ce qui sera. Les idolâtres de la terre et les ennemis du progrès auront disparu dans peu de temps, leurs marécages asséchés, leurs autels désertés.

L’Homo creator est venu, il a vu, il a déjà vaincu. Seuls les idolâtres et l’humanité mal éclairée ne le savent pas. Avec les Temps contemporains, nous entrons dans une nouvelle ère nomade, celle de la fin des sacrifices et des cannibalismes symboliques dont les guerres ont été l’expression la plus sanglante depuis des millions d’années. Intelligence artificielle, nanotechnologies, biotechnologies, réseaux sociaux, big data, art contemporain, extinction des États, démocratie horizontale, conquête spatiale… l’explosion de la créativité est partout, sur le chemin tracé par nos ancêtres nomades. Débarrassées du fatras magico-religieux, les valeurs sont mises à l’endroit : les idoles au grenier, l’individu et son énergie créatrice au centre.

Une énergie propre à tous les humains et non à une poignée contrairement aux fantasmes de Friedrich Nietzsche car l’histoire de nos ancêtres qui tentaient de survivre au sein de la nature le démontre : la créativité victorieuse venue d’Afrique de l’Est ne connaît ni genre, ni âge, ni origine, ni couleurs de peau seulement les visages de ces artistes qui ne se reconnaissent pas encore dans leurs œuvres, appelés « humains ».

J’espère qu’après ce livre, comprenant que philosopher n’est pas « vivre volontairement sur la glace et les cimes », comme le disait un Nietzsche emporté par la tristesse, mais gambader joyeusement dans les mille vallées de la créativité humaine, chacun découvrant une œuvre aussi modeste soit-elle, fut-elle celle d’un enfant, sur un mur ou un sol, au musée ou sur un site, dans un laboratoire ou chez le pâtissier du coin, s’écriera, admiratif, en songeant à la grande leçon de nos ancêtres et en ayant une pensée affectueuse pour cette période de l’enfance de l’humanité, sinon pour Dieu, s’il y croit : « Voici l’Humain ! ». Ou, s’il parle latin, fort peut-être de son traducteur électronique : « Ecce Homo 

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ENTRETIEN : L’HARMONIE PERDUE AVEC LA NATURE, CETTE PENSÉE ARCHAÏCO-MAGIQUE

Yves ROUCAUTE : “Les écologistes ont oublié 7 millions d’années de combats acharnés de l’humanité pour survivre face à une nature impitoyable

Entretien paru en Une d’Atlantico 8 juin

Atlantico : Votre dernier livre, L’Homo creator face à une nature impitoyable, dont le sous-titre est « 7 millions d’années contre l’idolâtrie de la nature » se présente comme le livre de chevet du camp du progrès face à Greta Thunberg, Nicolas Hulot et à tous les écologistes qui idolâtrent la planète. Vous les accusez de déprimer l’humanité, en particulier la jeunesse et de pourchasser quiconque ne croit pas en une Gaïa-la-Terre bienveillante. Par cette histoire de 7 millions d’années et par vos enquêtes auprès des dernières populations nomades, vous montrez que l’humanité ne peut survivre dans la nature sans l’affronter. Vous affirmez le droit voire le devoir, de coloniser la planète, de la dominer et d’assujettir tout ce qui s’y trouve. Ne craignez-vous pas d’être très isolé alors que la mode est plutôt à célébrer les bienfaits de la nature et que les écologistes semblent avoir un poids de plus en plus important au niveau électoral ?

Yves Roucaute : Franchement, un virus venu de la prétendue sainte nature vient de tuer près de 400 000 personnes et en a meurtri plus d’un million, et il faudrait que je coasse avec Greta Thunberg « green, green la nature d’accord, la nature d’abord » ? Quand j’entends un écologiste aux ambitions présidentielles prétendre que le Covid-19 est une vengeance de Gaïa-la-Terre, devrais-je acquiescer ? Et faut-il, que je manifeste pour « sauver la planète » avec une jeunesse aliénée par une armada de démagogues qui vend de l’apocalypse en guise de barbe à papa ? J’ai préféré donner une arme fatale (rires) au camp du progrès face aux Ayatollahs de l’écologie qui vivent des angoisses de l’humanité.

Par ce livre, je veux exposer les faits, briser les idoles et libérer l’humanité, les femmes en premier car elles ne seront jamais libres tant que règnera l’esprit magico-religieux du culte de la nature. 

Il n’y a pas d’harmonie perdue avec la nature pour cause d’industrialisation, de croissance ou de mondialisation. Je raconte les 7 millions d’années de combats de l’humanité pour survivre face à une nature impitoyable quand elle ne connaissait ni industrie, ni commerce, ni technologies, ni science. Le combat fut si violent et si inégal qu’au paléolithique, il y a 3,3 millions d’années, il ne reste déjà plus rien de la lignée humaine, née 4 millions d’années auparavant, hormis une poignée de survivants. 100 000 seulement en 4 millions d’années. Les autres ? La sainte Planète qui ne pouvait être assujettie, les avait détruits. Puis, arrivent encore et encore des holocaustes. Les australopithèques ? Balayés par la planète. Auprès d’eux, des espèces humaines du genre Paranthropes et Homo. Des Paranthropes ? Les trois espèces sont détruites à leur tour. Et sur 22 espèces du genre Homo, une seule survit. La fameuse Gaïa-la-Terre bienveillante a éliminé les 21 autres de son menu du jour. Ils ont survécu mais à quel prix ! 500 000 humains seulement sont parvenus au néolithique, il y a 12 000 ans Un gain de 400 000 individus seulement en 3,3 millions d’années, de moins de 500 000 en 7 millions d’années ! Et l’espèce est si meurtrie que seuls 12% peuvent espérer, et dans quel état !, dépasser les 40 ans.

Nos marchands d’apocalypse vendent un équilibre naturel de la planète mais où cela ? Durant 7 millions d‘années, elle a offert sa bénédiction non à la vie humaine mais à sa destruction via des glaciations en nombre, 17 lors des seuls 2,6 derniers millions d’années, des réchauffements climatiques terribles que nos idolâtres ignorent puisqu’ils ne permettent pas de culpabiliser l’humanité, des éruptions volcaniques, des secousses sismiques, des tempêtes, des cyclones, des tornades, des tsunamis… Étaient-ce des punitions de Gaïa la terre contre l’industrialisation qui n’existait pas ? Faut-il comme Nicolas Hulot appeler punitions les virus et les bactéries létales, car coqueluche, tuberculose, lèpre, syphilis… qui n’ont pas attendu l’industrialisation pour décimer l’humanité depuis sa naissance ? Mais punitions de quoi ? De même, cancers, maladies génétiques, handicaps… attestés depuis le paléolithique seraient-ils dus à l’industrie nucléaire ou au manque d’éoliennes et non à la vie selon la nature insuffisamment dominée ? Et que dire des attaques animales dont quelques benêts pensent qu’elles sont dues aux humains qui ne respecteraient pas respecter la vie animale ? Croyez-vous que le léopard d’Amazonie aujourd’hui ou le tigre aux dents de sabre de 3,90 mètres de long d’hier vont ronronner auprès des nomades Guyaki d’Amazonie ou des australopithèques qui se montreraient courtois ? Qu’ils aillent donc en parler aux chevaux et aux bisons ! Et qu’ils regardent les coups de crocs sur les os de nos frères en humanité tués comme du gibier il y a plus d’un million d’années.

Le mode de vie dans une nature laissée à ses règles ? C’est le régime paléolithique, le vrai, le seul, celui de la destruction des humains. L’équilibre dans la nature ? Un conte à dormir debout pour enfants attardés. Les animaux eux-mêmes en riraient s’ils le pouvaient : les espèces animales ont disparu à 90% depuis 7 millions d’années, à 99,9% depuis 20 millions d’années. Coupables les humains qui n’existaient pas même encore ? Il est d’ailleurs toujours amusant de voir les idolâtres s’extasier devant des animaux qui démontrent une cruauté incessante et tenter de culpabiliser des humains qui sont en passe, par les biotechnologies, d’abolir la souffrance animale.

Oui, toute l’histoire de l’humanité a été celle de la lutte pour dominer la nature, domestiquer la planète, assujettir tout ce qui s’y trouve.

Et quand j’entends les clochettes de nos bonimenteurs « Green, Green, green, la nature d’accord, la nature d’abord », je vois aussi les charniers du passé. Idolâtrer la planète sans l’humaniser ? À chacun son camp, à chacun sa vertu. Ce livre appelle le camp du progrès à combattre ceux qui polluent la pensée au nom de la pollution et préfèrent la défaite de l’humanité à la planète défaite. Il préfère briser les idoles pour entonner : « L’humanité, d’accord, l’humanité d’abord ».

Que représente la figure de l’Homo creator ? N’y-a-t-il pas une proximité avec Nietzsche que vous critiquez pourtant ? 

Homo creator est ce qui définit l’humain et c’est la clef du combat d’aujourd’hui contre la pensée magico-religieuse. Je démontre que l’humanité n’a pu survivre et ne le peut qu’en allant à l’assaut de la nature par sa créativité. L’humanité ne dispose ni de crocs, ni de griffes, ni de fourrure, ni de vitesse ni de force remarquables… ni d’aucun habitat naturel, seule cette énergie créatrice fut la cause de sa survie. En Homo creator, nos ancêtres ont fabriqué des outils en arrachant à la planète les biens nécessaires, en brisant des rocs puis en taillant des pierres, en cassant des arbres pour fabriquer des perches et des poteaux, en tuant des animaux pour utiliser les peaux et les os pour faire les murs ou les sols, les habits et les armes pour chasser, pécher, se défendre. Même dans la cueillette et le charognage humains qui ne ressemblent pas à des activités animales, je démontre la créativité humaine. Ils ont créé des habitats fluctuants et changeants, ici en plein air, là dans des grottes, sur les eaux ou sur terre…ils ont détourné les cours d’eau et migré sur des milliers de kilomètres, tâtonnant, cherchant, échouant souvent… dessinant sur les parois des roches, créant des rituels partout où ils passaient, transformant chaque lieu de vie en l’un des mille plateaux de la créativité humaine.

L’humain ne se distingue pas en effet des autres vivants par l’« intelligence », son côté « sapiens » (qui signifie « intelligent ») comme on l’a cru au XVIIIème siècle, à la suite de Carl von Linné qui a inventé le terme « Homo sapiens » pour désigner la dernière lignée humaine dont nous sommes issus. A tort, lui et ses successeurs pensaient que les animaux étaient comme des machines, avec des sortes de ressorts morphologiques. Ils ne savaient pas que non seulement les animaux possèdent eux aussi de l’intelligence mais qu’ils sont même parfois plus rusés que les humains comme ces lions géants qui traquaient nos ancêtres, utilisant leur cerveau et un flair bien plus puissant que le leur. Mais, jamais les animaux n’ont construit des civilisations, ni même d’outils, au sens propre, comme je le démontre. Jamais, ils ne sont sortis de ce qui leur était donné par la nature, de ce qui était biologiquement déterminé. Comme le disait avec humour le général de Gaulle, « La chasse c’est comme la guerre, sauf qu’à la guerre les lapins ne tirent pas ». Lions, hyènes, crocodiles qui effraient tant les humains du paléolithique et les dernières populations nomades ne tirent pas. Ils ne le peuvent pas, faute de créativité. Ils utilisent seulement les atouts donnés par leur morphologie naturelle dont les effets sont parfois terrifiants.

Cette énergie créatrice n’est pas le propre de quelques humains supérieurs mais, je le démontre, elle est dans tous les humains. Car depuis 7 millions d’années comme aujourd’hui encore au sein des dernières populations nomades, contrairement à ce que dit Friedrich Nietzsche, la créativité ne connaît ni genre, ni âge, ni origine, ni couleurs de peau seulement les visages de ces artistes appelés « humains ». elle est la chose du monde la mieux partagée, quand bien même toute l’histoire de l’humanité a été, et reste, la lutte contre la pensée magico-religieuse pour parvenir à la reconnaissance de son universalité.

Vous évoquez le combat de la vraie écologie contre l’écologie archaïque, quelle serait la véritable écologie ? 

Le temps est venu de révéler que ce qui freina la créativité humaine au paléolithique fut la vision magico-religieuse qui idolâtrait les esprits de la nature jusqu’à justifier non seulement que soit arrêtée la domestication de la planète mais aussi, parfois, que soient organisés anthropophagies et sacrifices humains. C’est cette même vision qui est aujourd’hui transportée symboliquement par les écologistes archaïques de nos Cités qui invoquent um prétendu équilibre de la planète qui n’a jamais existé pour répandre mauvaise conscience, dégoût de soi-même et arrêt de la créativité.

Ils réinventent l’idolâtrie venue du paléolithique. Néanmoins, je note que les nomades avaient plus de bon sens. Dans leur monde animiste, ils n’imaginent pas une déesse « Gaïa-La-Planète » bienfaisante mais des esprits bienveillants et, surtout, malveillants. Dans chaque activité naturelle qui les menace, des inondations aux éruptions volcaniques, des maladies aux attaques animales, à ils croient voir l’action de ces esprits. Face aux menaces de famine ou de changement climatique, ils doivent donc agir pour survivre. Et, pour cela, ils jouent les esprits bons contre les esprits mauvais, en flattant les uns, en exorcisant les autres.

Mais, à cause de leur idolâtrie de la nature, ils culpabilisent, comme les écologistes archaïques voudraient que nous le fassions. Ils s’imaginent responsables des dérèglements incessants de la planète. L’inondation qui noie des villageois, la maladie virale qui tue ? La tribu s’en attribue la faute. Les humains imaginent même que chacune de leur action, pourtant nécessaire à leur survie comme la chasse, la cueillette ou la pèche, est la source d’un déséquilibre dont ils seraient coupables. Tuer, ce serait ôter un esprit de la forêt, celui du léopard par exemple. Arracher une branche du palmier pour construire la hutte ? Voilà encore un esprit blessé, celui du palmier. Et ils imaginent, comme nos adolescents qui manifestent, que leur mauvais comportement est la cause de tous les malheurs. Un pêcheur emporté par le fleuve Amazone ? Voilà la preuve du mauvais comportement de la tribu punie par l’esprit vengeur du fleuve qui est aussi l’esprit du terrible anaconda.

Pris dans la pensée magico-religieuse de l’équilibre dû à la planète, ils imaginent qu’il leur faut donc compenser leur action en rendant aux esprits de la nature l’équivalent de l’esprit pris par la chasse, la pêche, la cueillette, le charognage… Un troc quotidien. Prières, offrandes, danses, chants… et parfois sacrifices humains, puisque l’humain apparaît comme le principal trublion sur terre, son sacrifiece est lui aussi potentiellement « naturel ». Par peur des esprits de la planète, ils font des promesses, via leurs chamanes, celles de ne pas tuer tel esprit animal, de ne pas prendre tel végétal, d’en prendre moins, de rendre un équivalent en esprit de ce qui a été pris.

La décroissance, le refus du consumérisme et du productivisme, le refus de la libération de la créativité humaine ? Ils sont nés là, il y a 7 millions d’années, compagnons de l’animisme. La plus vielle forme de pensée, la plus archaïque, la plus liberticide.

À l’horizon, toujours le sacrifice humain. Symbolique, par le sacrifice du bien-être au nom du bien-être des esprits de la nature et le refus de la croissance au nom de l’équilibre des esprits. Mais ce sacrifice peut être réel aussi, comme le montrent certaines populations nomades, tels les Guayakis, qui vont jusqu’à tuer des fillettes « en trop », qui exigeraient, si elles survivaient, une chasse, une pêche ou une cueillette plus intensives pour les nourrir. Donc plus d’esprits pris à la nature, donc plus de déséquilbre et une vengeance des esprits de la planète en retour.

La nature d’abord, la nature d’accord ? L’écologie magico-religieuse des petits Maîtres de vérité d’aujourd’hui est conforme à la pensée magico-religieuse des chamanes d’hier. C’est toujours l’annonce du sacrifice humain et de la schizophrénie.

Il y a une différence qualitative avec l’écologie véritable. Dégagée du magico-religieux, celle-ci ne se prétend pas issue d’un « contrat » fantaisiste avec la planète idolâtrée qu’une Greta Grunberg, un Arne Næss ou un Michel Serres prétendent avoir trouvé je ne sais où, peut-être dans un abri sous roche connu d’eux seuls. Le seul contrat possible est celui qui lie l’humanité à sa liberté créatrice infinie et à ses droits. Ce qui est conforme au mot « éco-logie ». Car « éco » vient de « oikos » (οἶκος) qui signifie en grec « maison », et de « logos » qui signifie discours rationnel. Or, en grec, la « maison » ne renvoie pas à la « planète » ou à la « nature », n’en déplaise à ceux qui ont eu, avec sept millions d’années d’histoire, sinon avec la langue grecque, le plaisir de ne s’être jamais rencontrés. La « maison », « oikos » est une construction en dur produite par la créativité humaine. Il y a plusieurs millions d’années elle était déjà un artifice humain fait à partir de bois, de pierres, de peaux, d’os… arrachés à la planète. Son objectif ? Protéger l’humanité contre la nature, des changements climatiques aux attaques animales. Au centre de la maison, non pas des mottes de terre ni quelques tarentules, mais l’humain, en particulier la femme car, avec le chamane, et mieux que lui, comme je le démontre, elle a transporté depuis au moins trois millions d’années la spiritualité créatrice des tribus.

La vraie écologie défend la créativité pour l’humanisation de la planète. Elle la défend contre ceux qui, au sein de l’humanité même, détournent la créativité vers son contraire, la destruction par les pollutions et les substances néfastes à la vie, les guerres injustes et les tyrannies, les idolâtries et la démagogie.

Car elle sait que ce n’est pas par l’arrêt de la croissance et de la créativité que l’on parviendra à régler les questions posées à l’humanité mais, comme je l’ai aussi démontré dans Le Bel Avenir de l’Humanité contre Noah Yuval Harari, par toujours plus de croissance, de mondialisation et d’hybridation des savoirs. Nous souffrons de ce camp de l’ignorance qui, tout à sa détestation de l’humanité et des sciences, ne sait pas que sur le chemin ouvert il y a 7 millions d’années par la créativité humaine, l’énergie est inépuisable, que les nanotechnologies peuvent même transformer le CO2 en énergies propres utilisables, que les chemins de la créativité sont infinis. Nous ne souffrons pas de trop de développement mais de sous-développement, ni de trop d’assujettissement de la nature mais de pas assez. La vraie écologie est celle qui pose l’individu et sa nature d’Homo creator au centre, pour créer la seule planète qui vaille, la planète humanisée.

J’espère, qu’après avoir lu ce livre, comprenant que philosopher n’est pas « vivre volontairement sur la glace et les cimes » comme le disait Nietzsche mais gambader dans les mille vallées de la créativité humaine, chacun découvrant une œuvre aussi modeste soit-elle, fut-elle celle d’un bambin sur une feuille, s’écriera, admiratif, en ayant une pensée affectueuse pour l’enfance de l’humanité : « Voici l’Humain ! ». Ou, s’il parle latin, fort peut-être de son traducteur électronique : « Ecce Homo ! ».